Un nom, une signature ?

5 décembre 2011

J’écoute beaucoup la radio en travaillant et j’ai été forcée de constater que bon nombre d’artistes disent leur nom (et même celui de leur producteur) dans leur chanson, comme s’ils craignaient de ne pas se faire reconnaître dès les premières notes. « Écoutez, oui, oui, je suis bien Jason Derulo…, Lady Gaga…, Nicki Minaj…, Usher…, PitBull…, Mohombi… »

La question qui tue maintenant : où est passée la créativité ? Si on ne peut plus reconnaître un artiste à son son, ça ne va pas, mais ça ne va pas du tout. Le son, c’est la signature de l’artiste, non ? D’ailleurs, l’essence même de l’artiste n’est-elle pas d’être différent des autres…? Ah oui, j’oubliais. Aujourd’hui, on ne fait pas des artistes, mais des stars. Là, j’ai tout compris. RedOne aussi.

Franglais

28 novembre 2011

Je ne sais pas si vous avez remarqué que les artistes de l’heure produisent leurs tubes à la fois en anglais et en français. Le résultat est parfois heureux (Jetlag de Marie-Mai/Simple Plan/Natasha Bedingfield n’est pas si mal), mais il est le plus souvent malheureux… Et c’est la partie française de la chanson qui en prend généralement pour son rhume. On ne comprend pas la moitié des paroles OU l’accent de l’artiste dans la langue de Molière est affreux OU on déforme les mots pour que ça « marche »… Des exemples ? J’en ai quelques-uns dans mon chapeau : Co-pilot de Corneille/Kristina Maria/Laza Morgan, Ghetto Love de Karl Wolf (qui ?), Brand New Chick d’Anjulie (ouch!), Coconut Tree de Mohombi et de Nicole Scherzinger, Release Me d’Agnes, Shut up and Dance de Victoria Duffield (re-ouch!) ou I Wanna Dance with Somebody de Brigitte Boisjoli/These Kids Wear Crowns… Et tout ça, c’est pour, j’imagine, élargir le plus possible le public de la vedette et, potentiellement, venir gruger le peu de place qu’on laisse à notre musique francophone québécoise sur les ondes radio déjà bien trop contaminées par la musique internationale. Triste.

C’est quoi ?

26 septembre 2011

L’arrivée de l’automne amène un vent de renouveau, particulièrement dans le monde de la radio. On change les animateurs, les émissions et, parfois même, les vocations. Enfin, c’est ce que tente de nous faire croire le nouveau CKOI avec, dit-on, « plus de hits, plus de sports et plus de divertissement ». Ah bon !?! Pourtant, à part avoir ajouté des petites, moyennes et grosses pointures du monde sportif sur leurs ondes (pratiquement tous des anciens de la défunte CKAC Sports), je ne vois pas en quoi le 96,9 a changé…

La preuve ? On y retrouve les mêmes animateurs et les mêmes émissions à quelques exceptions près. C’est vrai : les François Morency, Claudine Prévost et Normand Brathwaite ont disparu, mais les Charles Lafortune, Marc-André Labrosse, Patrick Marsolais et Laurent Paquin sont toujours bien présents. Il me semble que, quand l’on change la vocation d’une station, on la revoit de fond en comble. On change la musique, le style, les émissions, les animateurs, l’image, etc. On fait peau neuve… On le fait complètement au risque de perdre des joueurs, bien sûr.

Le nouveau CKOI dit donc s’adresser aux hommes d’aujourd’hui. Peut-être que je me fie trop aux stéréotypes classiques, mais je n’ai pas l’impression que les gars trippent fort sur Lady Gaga, Katy Perry, Rihanna, Maroon 5, Marie-Mai, Enrique Iglesias ou LMFAO. Je pense qu’ils aiment le rock, le métal, l’underground, le grunge… Bref, la musique qui a du muscle, de la testostérone…

Et que l’on vienne annoncer la nouvelle formule dans le 7 jours (voir photo) me scie en deux. Quel homme lit les magazines culturels et artistiques de ce genre ? Je me trompe ou c’est rare ? Peut-être dans la salle d’attente, chez le médecin, en désespoir de cause… Les gars, ça trippe sur les outils, les chars, les gadgets électroniques, les centres de rénovation, les ordis, la télé, les sports, l’entraînement, les jeux vidéo, la bière, les filles… Oui, oui, les hommes aiment aussi leurs enfants et leur blonde… Ça fait partie de leurs priorités : ils sont beaucoup plus engagés auprès de leur famille qu’avant. Mais le 7 Jours ? Est-ce vraiment LE magazine idéal pour rejoindre le public-cible du supposément nouveau CKOI ? Pas convaincue du tout, la madame !

Fin de la montée de lait.

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